Chávez, Correa et Morales ressoudent leur "trinité socialiste"

25 mayo 2009

Les présidents d’Equateur, de Bolivie et du Venezuela ont profité dimanche de la fête de l’indépendance équatorienne à Quito pour ressouder leur alliance socialiste, tandis que le chef de l’Etat équatorien promettait de “radicaliser” encore sa révolution.

“Nous ne changerons pas de cap, au contraire, nous allons radicaliser et approfondir notre révolution citoyenne”, a affirmé Rafael Correa lors d’un discours à l’occasion de la cérémonie marquant l’indépendance de son pays, gagnée face aux Espagnols le 24 mai 1822.

Etaient aussi invités Hugo Chavez et Evo Morales, qui avaient scellé deux ans et demi plus tôt leur alliance avec lui lors d’une cérémonie indigène à Zumbahua, au sud de Quito, une réunion que la presse avait qualifié de “trinité socialiste”.

Rafael Correa s’apprêtait alors à assumer le pouvoir, en janvier 2007.

Il a à nouveau reçu ses alliés de la gauche radicale sud-américaine, juste après avoir remporté une nouvelle élection, le 26 avril, pour un mandat de quatre ans.

Les trois chefs d’Etat sont partisans du “socialisme du XXIème siècle”, impliquant notamment une plus grande mainmise de l’Etat sur l’économie et des programmes sociaux. S’ils divergent sur certains points, ils partagent une méfiance à l’égard des Etats-Unis et la volonté de rapprochement avec l’Iran ou encore la Russie.

Leur réunion intervient notamment alors que Quito et Caracas affrontent des difficultés budgétaires liées à l’effondrement en 2008 des cours du pétrole, principale ressource de l’Equateur et du Venezuela.

Dans les faits, Rafael Correa et Hugo Chavez cherchent aussi à resserer les liens entre leurs pays, tous deux membres de l’Opep, notamment en matière de coopération énergétique.

Chavez est arrivé à cette réunion en pleine vague de nationalisations dans son pays et a considéré que “la crise mondiale” devait les obliger “à presser le pas”. “Le chemin s’ouvre vers la construction d’un monde nouveau… pour nous c’est le socialisme”, a déclaré Hugo Chavez.

Evo Morales a pour sa part annoncé qu’il n’écartait pas de poursuivre devant la justice militaire les séparatistes de son pays qui mettraient en danger son gouvernement, un mois après avoir affirmé qu’il avait déjoué un complot le visant.

Il a rappelé à Quito que l’opposition, cherchait à “préparer quelque chose” pour lui barrer la route lors de l’élection présidentielle du 6 décembre, où il aspirera à être réélu jusqu’en 2015.

“Que ne fera-t-on, que n’inventera-t-on contre Evo Morales et le gouvernement ? Je sais qu’ils préparent quelque chose”, a-t-il déclaré.

Au nom de la défense de ce projet socialiste, les trois leaders ont également désigné un ennemi commun: “la presse corrompue”.

Le président équatorien a annoncé qu’il proposerait “formellement la création d’organismes qui défendent les citoyens et les gouvernements légitimement élus contre les abus de la presse”.

Rafael Correa a précisé qu’il ferait cette proposition à l’Union des nations sud-américaines (Unasur), dont il assumera la présidence tournante en juin.

“L’Equateur peut compter sur tout l’appui du Venezuela dans sa lutte interne contre ce phénomène qui frise la folie fasciste”, a renchéri Hugo Chavez.

L’annonce de M. Correa intervient alors qu’au Venezuela, la chaîne d’opposition Globovision a accusé le gouvernement de chercher à la contraindre au silence après la perquisition jeudi soir d’une propriété appartenant à son président.

Rafael Correa a de son côté annoncé samedi un audit sévère des fréquences audiovisuelles, dénonçant des irrégularités dans leur attribution.

M. Morales a lui affirmé qu’il affrontait aussi des difficultés avec la presse de son pays où “où la plupart des médias mentent et sont également corrompus”.

Fuente: AFP

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